Parler de son corps et de ses complexes, ce n’est pas toujours facile. Reconnaitre qu’on ne porte pas de jupe courte à cause de ses cuisses, ou de pantalons à cause de son ventre, c’est un peu se rappeler que ces cuisses et ce ventre, ils sont bien là et qu’ils ne veulent pas partir. Et pourtant, c’est quand j’ai commencé à réfléchir sur mon corps que j’ai aussi eu envie de m’aimer telle que je suis. Même si je n’ai pas trop prévu pour l’instant de vous raconter ma vie par ici, je trouvais bien, pour débuter Fat Lobster, de vous parler un peu de mon parcours !

Ce sentiment d’avoir toujours été trop grosse

Quand je vois de vieilles photos de moi, je suis souvent surprise de me trouver bien, parce que dans mon souvenir, je me suis toujours sentie trop grosse. Les médecins pour qui mon poids revenait toujours sur le tapis, les magazines qui semblaient dire que maigrir c’était facile, et même ces garçons que j’ai bien aimés mais pour qui j’étais « sympa/mignonne/marrante mais un peu trop grosse » ne m’ont pas vraiment aidée non plus.

Vers vingt-cinq ans, j’ai commencé à grossir. Vingt kilos, assez vite. J’ai mis du temps à m’en rendre compte parce que je n’avais plus de balance et que j’étais dans une période « robe, collants et leggings ». Mais aussi un peu je crois parce que j’étais arrivée au corps que j’avais toujours pensé avoir.

Pendant longtemps, j’ai mis tous mes soucis sur le dos de mon gras, et je culpabilisais parce que je n’arrivais jamais à tenir un régime.

Les vieilles photos sur lesquels je ne voyais pas les complexes que je me souvenais avoir alors ont été un de mes premiers déclics. L’émergence du body positive sur les réseaux sociaux m’a aussi beaucoup aidée. J’ai commencé à réaliser que je m’étais trompée de bataille. Le problème n’est pas de ne pas réussir à maigrir. C’est de ne pas réussir à aimer son corps. À quoi cela servirait de maigrir si on continue de se détester ? Pour pouvoir vivre une vie de privations par peur de reprendre les kilos indésirables ? Pour compter les calories et culpabiliser sur tous les plaisirs ?

Même en étant plus mince, j’aurais toujours un visage rond, des seins, des fesses. Mon corps, il est comme ça. Je ne serais jamais une brindille qui n’a pas besoin de porter de soutien-gorge.

Mon gras et ma penderie

Mon gras ne m’a jamais empêchée d’adorer la mode. Les fringues sont devenues dès mon adolescence une façon de m’affirmer. Elles m’aidaient même à oublier mon corps et à me trouver un peu plus cool.

Quand j’ai grossi, ça n’a pas été facile. Vouloir s’acheter un jean et voir qu’on a pris trois tailles depuis le dernier jean acheté, ça fait mal. Je n’ai pas cessé de me faire plaisir avec mon look pour autant. J’ai arrêté de porter beaucoup de vêtements, et j’ai gardé ceux dans lesquels je me sentais bien. Quand vraiment j’avais du mal à m’accepter, je suis restée simple dans mes fringues et je me suis amusée avec les accessoires. Puis j’ai osé un peu plus pour mettre en valeur ce que j’aimais bien chez moi. Doucement, j’ai commencé à me réconcilier avec ce corps et ce gras qui m’avaient tellement gênée.

Ce serait hypocrite de dire que je ne serais pas contente de maigrir si cela m’arrivait, surtout quand on doit supporter une société dans laquelle on nous répète qu’être gros.se c’est le mal. Il y a encore des tenues qui me font envie mais à côté desquelles je passe sans même envisager de les essayer. Mais si à ce moment je ne me dis pas « t’es trop grosse pour ça » et plutôt « je ne suis pas prête, ce sera une prochaine fois », je suis déjà plutôt contente de moi. Pas besoin de culpabiliser ou de blâmer mon corps pour une combi. Je retourne vers les tenues dans lesquelles je suis bien et j’attends le bon moment.

J’ai commencé à porter des couleurs claires (ce que je ne faisais jamais il n’y a pas si longtemps), et cet été, j’ai même rentré mon t-shirt dans mon short. Juste une journée, à la plage. Ce n’est rien pour beaucoup de personnes, mais pour moi c’était une victoire  parce que je n’aurais jamais fait ça il y a an (#kifftonbourrelet).

Ne pas être en conflit avec ma penderie mais la voir comme une alliée m’a donné confiance en moi. J’ai appris à prendre du recul, à savoir ce qui me va très bien, à reconnaitre les tenues qui me donnent de la force, à définir mes gros complexes et mes petits, pour travailler dessus à mon rythme. Et j’espère que j’arriverais grâce à ces expériences à vous faire passer tout ça sur Fat Lobster !

Et vous, comment vous sentez-vous dans votre corps ? Est-ce qu’il y a une tenue ou un vêtement que vous n’arrivez pas à vous décider à essayer mais qui vous fait rêver ?

 

 

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