S’épiler, ça demande du temps, de l’argent, de l’organisation, et surtout qu’est-ce que ça fait mal. Certes, il y a aussi la possibilité du rasage. Ça, ça ne fait pas mal… enfin quand ça n’irrite pas la peau. Mais la vraie solution aux poils au final, ne serait-ce pas juste d’arrêter de s’épiler et de les laisser tranquilles ?

Justement, je déteste m’épiler. Alors j’essaye d’arrêter. Pourquoi continuer un truc que je déteste, qui me fait mal, qui me prend du temps, si ce n’est pas indispensable ? S’épiler c’est loin d’être indispensable à ma vie. Mais dans une société où la norme pour les femmes est d’avoir la peau lisse, ne pas s’épiler c’est compliqué. Et même si pour certaines, ça ne semble pas insurmontable, pour la majorité ce n’est même pas envisageable.

Pour moi, les poils c’est un sujet complexe. Pour plein de raisons, mais en particulier parce que je ne porte quasiment que des robes. Mes poils ne se cachent pas derrière des jeans (et ceci dit, même si tu ne montres pas souvent les parties poilues de ton corps, je comprends aussi complètement que tu aies du mal à ne pas t’épiler).

Je déteste m’épiler mais je le fais quand même. Et je sais bien pourquoi. Parce que notre société impose aux corps des femmes de se transformer pour être acceptables. Parce que nous ne sommes jamais « assez ». Depuis bientôt un an, j’essaye donc de me réconcilier avec mes poils. Et cette transformation apporte tellement de réflexions que j’ai décidé de me lancer dans une série d’articles sur le sujet. Pour accepter nos poils, parlons-en !

La première épilation

T’es-tu déjà demandé pourquoi tu t’épiles ou si tu avais envie de le faire ? Probablement pas. Et jusqu’à récemment, moi non plus d’ailleurs. Parce que s’épiler, toutes les femmes le font. On peut se demander comment on veut s’épiler le maillot, ou si on va préférer l’épilation ou rasage, mais bien souvent le questionnement s’arrête un peu là.

Je crois que j’ai commencé à être consciente de mes poils à la fin de la sixième, quand une de mes copines est venue à l’école en robe et jambes poilues, ce que les garçons lui ont fait remarquer. « Si on se met en robe, il faut s’épiler ! ».

C’est sûrement peu de temps après que j’ai demandé à ma mère si je pouvais m’épiler et qu’elle m’a présentée à la torture des bandes de cire. À 11-12 ans, et même plus tôt pour certaines, commencer à s’épiler ou se raser, quand j’y pense je trouve ça hyper violent. Et en lisant les témoignages récolés par le collectif Liberté, Pilosité, Sororité et sa campagne #1ereFoisEpilation, je me rends compte que le début de l’épilation c’est un peu la même chose pour tout le monde : ça commence très tôt et souvent à cause de personnes plus ou moins proches qui font des remarques pas très chouettes.

On débute à peine notre vie de femme, la puberté commence tout juste à frapper à notre porte, et déjà on prend une habitude qui n’est que douleur, inconvénients et qui nous rappelle à chaque fois que nous devons modifier notre corps pour être acceptables. Quel « tel quel », notre corps inspire dégoût et répulsion. Que si on ne se conforme pas, il faudra faire face aux moqueries et peut-être même à l’exclusion. Que les poils qui sont ok chez les hommes, sont sales chez nous.

Parce que c’est ça le truc avec l’épilation : ce n’est pas optionnel. Bien sûr, certaines femmes ne s’épilent pas, mais soyons honnêtes : est-ce que vous croisez souvent des femmes dont les vêtements révèlent leurs jambes et leurs aisselles et qui gardent leurs poils ? Je ne dis pas que ça n’arrive jamais, mais c’est assez rare. L’épilation c’est juste le minimum requis pour être acceptable. Et franchement, si les hommes ne ressentent pas l’obligation de s’épiler pour se mettre en short, j’aimerais pouvoir faire pareil quand je mets une robe, sans que cela questionne ma féminité.

Voir aussi : Oublier ses complexes, est-ce que c’est possible ?

Mon instrument de torture préféré : l’épilateur

Après quelques années de rasage, j’ai découvert la magie de l’épilateur. Une épilation sans cire c’était bien pratique, et puis le rasoir ça irrite trop ma peau.

L’épilateur aussi ça m’irrite, mais bon un peu moins que les rasages fréquents. Ça me fait mal, mais un peu moins que la cire. Quand toutes les solutions sont pourries, celles qui l’est « un peu moins » devient parfaite.

En utilisant mon épilateur régulièrement, j’avais moins mal, et même presque quasiment pas pour les aisselles. Mais si j’avais le malheur de ne pas être régulière et de laisser passer un peu trop de temps entre deux épilations, la douleur redevenait égale à la première fois.

Je me souviens lors de certaines périodes hivernales et de célibat, de m’être forcée à m’épiler parce que je savais que si j’attendais trop, j’allais douiller.

Je me souviens avoir épilé mes jambes sur plusieurs jours tellement j’avais du mal à supporter la douleur.

Je me souviens de la première fois où j’ai épilé mes aisselles. J’ai saigné. J’ai saigné, mais bon je n’avais plus de poils, c’est ça qui comptait.

Quelque soit l’instrument choisi pour me débarrasser de mes poils, ma peau hyper sensible et réactive n’apprécie pas. Mais les douleurs et la peau réactive, ça reste mieux que des jambes poilues.

Voir aussi : Le self-care pour réussir à s’aimer

Et si j’arrêtais de m’épiler ?

En écrivant tout ça j’ai envie de dire à mon moi du passé « mais pourquoi tu t’épilais ?!? ». Je ne vais pas m’en vouloir, je ne vais pas culpabiliser de ne pas être assez forte que ces femmes qui résistent à la pression sociale. Je sais bien pourquoi je me suis épilée pendant des années. Parce que c’est la norme, c’est comme ça. Ce n’est pas quelque chose qu’on remet tellement en question. Une femme, ça n’a pas de poils.

Et pourtant, beaucoup de femmes remettent aujourd’hui l’épilation en question. L’été dernier, j’ai décidé de laisser mon épilateur au fond du tiroir, et de n’utiliser le rasoir que si vraiment j’avais du mal à accepter mes poils. Je les regarde pousser sur mes jambes, et je me demande à quoi ça ressemblerait si j’abandonnais complètement, pendant longtemps, le rasage et l’épilation.

Toi, est-ce que tu as réussi à te détacher de l’injonction à s’épiler ? Pourquoi est-ce que tu as commencé ? Comment as-tu arrêté ? Tu peux tout raconter dans les commentaires !

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Arrêter de s'épiler : pourquoi on s'épile et pourquoi arrêter ? #féminisme #bodypositive
Ne plus s'épiler : pourquoi et comment ? #feminisme #bodypositive

 

 

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