Je l’avoue, je suis une addict de la balance. Si je m’écoutais, je me pèserais tous les jours, et à une époque, c’est ce que je faisais. TOUS LES JOURS. C’est énorme, tous les jours. Heureusement, en apprenant à me réconcilier avec moi-même, j’ai réussi à me détacher de ma balance. Et je suis persuadée que pour s’accepter, c’est une étape nécessaire.

Récemment sur Instagram, je te disais que j’ai pris 4kg et que ça m’oblige un peu à faire face à ma peur de grossir. Ma relation avec ma balance est forcément intimement liée à cette peur. Si je me pèse, c’est pour me rassurer, me dire « ouf, ça ne bouge pas. ». Parce que je suis ok avec mon corps aujourd’hui, mais si je prenais 10, 15, 20kg, comment me sentirais-je ?

Faire face à la peur de grossir

Prendre 4kg, ce n’est rien du tout. Ça peut arriver, pour plein de raisons : quelques restos inhabituels, de la fatigue et la flemme de cuisiner, un coup de stress, les hormones, bref, la vie quoi. 

Pour moi, malheureusement, 4kg c’est compliqué. Ces kilos-là en plus me font dépasser une dizaine, alors forcément ma peur de grossir s’est réveillée en sursaut. Je me surprends à me demander si je ne bouge pas assez, si je mange trop de chocolat, si mes hormones sont encore en vrac et si je ne vais pas me retrouver avec 20kg de plus sur le dos du jour au lendemain. 

Comme je le disais plus haut, à une époque, je me pesais tous les jours, ou presque. J’ai toujours eu une balance facile d’accès, dans la salle de bain. Pendant quelques années pourtant, j’ai arrêté de me peser parce que je vivais à l’étranger, dans des colocs meublées et qu’il n’y avait pas de balance. C’est là que j’ai commencé à grossir. Pas parce que je ne « surveillais » pas mon poids, mais parce que j’ai une hypothyroïdie (qui n’était alors pas encore diagnostiquée) et un SOPK (aussi parce que je faisais beaucoup la fête et que la bière tchèque n’est pas réputée pour son pouvoir d’élimination des graisses 😂).

On pourrait me dire : « Ah mais tu vois, si tu t’étais pesée régulièrement, peut-être que tu aurais eu un diagnostique plus tôt ! ». Mais clairement, je suis sûre que non : déjà parce que j’habitais à l’étranger et qu’aller chez le médecin n’était pas forcément simple, ensuite parce que l’idée que si j’étais grosse c’était parce que je mangeais trop et que je n’aimais pas le sport était très très bien ancrée en moi. Quand d’ailleurs je suis rentrée en France et que j’ai parlé de ma prise de poids à ma médecin de l’époque, elle m’a demandée si je ne grignotais pas sans m’en rendre compte, avant même de voir les résultats d’une prise de sang… Et même après le diagnostique, j’ai attendu encore plusieurs années avant d’être bien dans ma peau et à ne tout voir à travers le prisme du poids.

Ma relation avec mon poids est donc profondément liée à mon hypothyroïdie et mon SOPK. Quand je grossis, j’ai peur que mes hormones aient de nouveau décidé de faire la fête. Mon poids actuel (enfin, avant que 4kg viennent mettre le bordel !), je suis ok avec. Je ressens quand même le besoin de surveiller mon poids de temps en temps, surtout quand je constate d’autres symptômes de ma maladie, pour être sûre que tout est ok. Ça me rassure, comme ça me rassure de voir que je ne perds pas mes cheveux, que j’ai de l’énergie et que ma digestion se passe bien (puisque tout ça est aussi impacté par l’hypothyroïdie).

Est-il nécessaire de se peser souvent ?

Je dis que j’ai « besoin » de me peser, attention, c’est un besoin uniquement créé par moi-même, pour me rassurer. Je vais chez le médecin tous les 6 mois, je pourrais tout à fait me contenter de me peser chez elle (qui d’ailleurs ne vérifie pas mon poids à chaque fois, ça veut bien dire que ce n’est pas une donnée si capitale que ça qui mérite une obsession démesurée).

Il n’est absolument pas nécessaire de se peser souvent. Et le faire, c’est constamment ramener tes pensées à ton poids, c’est donner de la force à tes kilos.

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Ma balance, mes kilos et moi

Quand tu es une junkie de la balance, te peser c’est un rituel très important. Tu fais attention à aller aux toilettes avant, tu notes chaque résultat dans une appli ou sur un carnet, tu te réjouis de voir la courbe descendre et tu te détestes quand elle remonte. Et quand tu reprends du dessert, au fond, tu penses à peu au chiffre qui était indiqué le matin-même par la toute-puissante balance. 

Ma relation avec ma balance a changé quand j’ai commencé à me réconcilier avec mon corps et mon poids. Naturellement, sans trop y penser, je me suis moins pesée, j’y ai donné moins d’importance. Mais ce n’était pas suffisant, je continuais à me peser trop souvent et je voyais bien l’impact sur mon moral. Alors je me suis mise une règle : j’ai uniquement le droit de me peser une fois par moi (et je le fais le 1er, comme ça c’est fait).

Tant que mon poids était à peu près stable, ça se passait très bien. Je commençais même à oublier de me peser, sans que ça me pèse justement. Imagine un peu la victoire : dans l’appli de santé de mon iPhone, il n’y a aucune donnée entre avril et octobre 2018. Je me suis peut-être pesée, mais je ne l’ai pas noté, tellement ce n’était pas important. 

J’ai 2kg qui ont l’habitude de venir et de repartir, mais quand j’ai vu que je les dépassais doucement et que ça ne redescendait pas, j’ai commencé à être de nouveau un peu moins détendue de la balance. Et bim, revoilà l’envie de se peser tous les matins avant la douche.

Première réaction : un peu de panique, mélange de « mince, j’ai grossis » et de « zut, je n’ai pas vraiment envie de retomber dans l’obsession de la balance. ». Pas de panique, j’applique à moi-même ce que je te dis tout le temps : j’ai le droit de ne pas toujours être au top, mon poids ne détermine pas ma valeur et quoiqu’il arrive je suis sympa avec moi-même.

J’ai envie de me peser parce que j’ai pris 4kg ? Eh ben je vais le faire. Déjà, je vais le faire pour voir si ça continue et si c’est le cas aller vérifier que ma thyroïde n’est pas de nouveau partie en vacances.

Ensuite, je vais le faire parce que me torturer en résistant aux sirènes de la balance, c’est pas beaucoup mieux pour mon bien-être. Je m’étais fixée la règle des « une fois par mois », je la passe à « une fois par semaine », et petit à petit j’espacerai.

En bref, je me laisse le temps : si ces kilos sont là pour rester, je me donne le temps de les accepter. Je ne m’impose pas de ne plus me peser si c’est pour me retrouver à stresser tous les jours en me demandant si j’ai continué à grossir ou pas.

Comment arrêter de te peser ?

Si toi aussi tu es une junkie de la pesée et que ta balance accompagne tous tes matins, tu as peut-être envie de t’en détacher. Voici quelques petites choses que tu peux essayer pour moins te peser, et j’espère un jour, ne plus penser du tout à ton poids !

  • range ta balance dans un endroit moins accessible : ma balance est par terre dans ma salle de bain. J’ai à peine besoin de la tirer pour monter dessus, alors forcément, c’est facile de se peser. Range ta balance en haut d’un placard, hors de vue, l’effort qu’il faudra faire pour la sortir t’aidera sûrement à ne pas trop le faire.
  • autorise-toi à te peser : la désintox, c’est quand même plus facile quand on réduit les doses petit à petit. Comme je te le disais, je m’étais imposée de ne pas me peser plus d’une fois par mois, et je finissais même par oublier. Maintenant que je suis en « rechute », c’est une fois par semaine. Certaines personnes trouveront que c’est déjà trop, si pour moi ça me demande un effort alors c’est très bien et je célèbre le fait de m’y tenir. On verra plus tard pour faire moins.
  • donne-toi un jour précis pour te peser : le 1er de chaque mois, le lundi… Tu sais que c’est ce jour-là que ça se passe, et ça t’aide les autres jours à te dire « non, ce n’est pas le moment ! ».
  • sois sympa avec toi-même : si tu « craques », si tu sens que tu as envie de te peser plus qu’habituellement, si tu n’as pas résisté à l’envie de savoir à combien tu étais, ce n’est pas grave. Ça ne veut pas dire que tu n’arriveras pas à t’accepter comme tu es, ça ne veut même pas dire que tu ne t’acceptes pas déjà.
  • cultive l’amour de soi par d’autres moyens : trouve des vêtements qui te font du bien, écris-toi des petits mots d’amour, prends du temps pour toi… tout ça, ça va t’aider à te sentir mieux avec toi-même, et mieux tu te sentiras dans ta peau, plus tu arriveras à t’affirmer et moins tu auras le besoin de te peser.

S’accepter… c’est aussi lâcher prise non ?

Le problème majeur, c’est que notre société nous rend trop exigeantes envers nous-mêmes. Il faut tout contrôler : notre poids, ce qu’on mange, nos poils, notre peau. Il faut être parfaite, et ça, ça demande un effort constant. Pas de repos pour la beauté ! Pas de relâchement !

Mais si s’accepter c’était justement apprendre à lâcher prise ? Apprendre à ne pas contrôler tous ses bourrelets, tous ses boutons, toute sa cellulite ?

Voir aussi : S’autoriser à ne pas être parfaite.

La balance, c’est encore un outil de contrôle et de surveillance. Encore un truc qu’on fait pour se donner l’impression qu’on maitrise nos corps.

Alors, je sais, le « lâcher-prise », c’est plus facile d’en parler que de le mettre en pratique. Mais ce n’est pas quelque chose qui se met en place du jour au lendemain. Apprendre à être moins exigeante envers toi-même, à moins vouloir contrôler toute ton apparence, tu vas y arriver petit à petit. Ne culpabilise pas d’avoir encore de la route à faire, mais réjouis-toi du chemin déjà parcouru.


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