On ne passe pas du jour au lendemain de « Je ne peux pas me voir dans le miroir » à « Je m’aime à 100 % et j’ai zéro soucis à passer ma journée en bikini ». Ce serait cool, mais hélas, accepter son corps puis cultiver l’amour de soi, ça prend un peu plus de temps.

J’avais envie d’écrire cet article pour appuyer quelque chose que je dis tout le temps : il n’y a pas de petit pas, ton chemin c’est un tout, et chaque pas en avant est positif. Et tiens, même les pas en arrière ne sont pas négatifs. L’apprentissage, c’est aussi osciller entre plusieurs étapes ou rester au même niveau pendant longtemps.

Ce qui compte, ce n’est pas de te dire « Ohlala que je suis qu’à l’étape 1, je m’en sortirai jamais ». C’est plutôt de penser : « Eh ben génial, moi je suis rendue là et c’est très bien. Je vais prendre le temps dont j’ai besoin pour avancer mais en attendant je suis bien là où je suis ».

Disclaimer : je ne suis pas thérapeute. Si mes mots, qui sont basés sur mon expérience personnelle, peuvent t’aider, ils ne feront peut-être pas tout. N’hésite pas à te faire accompagne par un·e professionnel·le de la santé si tu en ressens le besoin. L’annuaire du G.R.O.S. peut t’aider à trouver quelqu’un.

Étape 1 : Reconnaitre

La première chose dont tu as besoin, c’est de neutralité et d’objectivité. Ok, ton ventre est rebondi, tes hanches sont larges, tu as des vergetures sur les fesses, des petits seins, des chevilles épaisses…

Tout ça, ce ne sont que des caractéristiques physiques. Comme le fait d’avoir les cheveux bruns ou blonds, des oreilles, des mains, des pieds. Tu es comme ça, c’est tout et surtout ce n’est pas grave.

Ce serait mentir de dire que je ne suis plus du tout complexée par mon ventre, mon plus gros complexe et qui a pourri bien des moments de ma vie. Je ne suis pas non plus toujours super à l’aise en maillot de bain. Mais ce complexe n’a plus l’impact qu’il avait avant. Certes, je préfèrerais ne pas avoir de ventre, mais je sais que j’aurais alors d’autres complexes et que ma vie ne serait pas meilleure pour autant.

Le problème, ce n’est pas ton corps et ce qui te complexe. Le problème, c’est tout ce qui t’a fait croire qu’il n’y avait qu’une façon d’être et que si tu ne rentrais pas dans ce moule (dans lequel personne ne rentre by the way), tu devais en avoir honte.

Regarde ton corps, touche-le, et dis-toi que quelque soit sa forme et ses cicatrices, il a le droit d’exister, de vivre et toi d’être heureuse avec lui.


Le coup de pouce de la penderie positive

Ce moment où tu essayes de te dire que c’est ok d’être comme tu es peut ne pas être facile. Ça prend du temps, on ne se met pas un jour devant son miroir en se disant « Je suis comme ça et c’est ok » et boum, à la poubelle les complexes. Il y a forcément des jours où ils reviennent au galop. Et ces jours-là, ton meilleur copain c’est ton look doudou : un look qui ne révolutionne pas ton style, qui peut être très basique, mais dans lequel tu te sens confortable, avec lequel tu ne te poses pas de questions et qui peut même être un peu réconfortant.

Voir : Comment trouver ton look doudou ?


Étape 2 : Prendre soin de soi

Je ne le dirai jamais assez : pour s’accepter et pour s’aimer il faut déjà apprendre à prendre soin de soi, et ça, c’est quelque chose que nous sommes beaucoup à mettre de côté.

Pourtant, ta priorité dans ta vie, ça devrait être toi. Parce que quand tu prends soin de toi, tu te dis « je t’aime » et tu te sens mieux dans ta peau. Le self-care, ça n’a rien d’égoïste et bien au contraire. Si tu veux aider d’autres personnes, tu y arriveras bien mieux si tu commences par t’aider toi-même. Tu seras un meilleur soutien si tu es bien et droite dans tes baskets.

À chaque personnalité sa routine self-care. Peut-être que toi tu as besoin de trainer au lit le weekend, d’aller marcher en forêt, de manger du chocolat, d’avoir une routine matinale bien pensée avec ton thé préféré, de jouer à des jeux vidéos, ou juste de ne rien faire.

Ce qui compte, c’est que tu arrives à te dégager des moments pour toi, des moments qui t’aident à recharger tes batteries, physiques et mentales. Que tu apprennes aussi à t’écouter et à te soigner ou te reposer quand tu sens que quelque chose ne va pas.

Considère-toi comme la personne que tu aimes le plus au monde et comporte-toi avec toi-même comme telle. Tu peux télécharger mon Cahier pour trouver sa routine self-care pour te guider !


Le coup de pouce de la penderie positive

Ton style, je ne pense pas qu’il vienne vraiment du type de vêtements que tu portes. Il vient de comment tu te sens dans ces vêtements. C’est comme ça que tu peux donner l’impression d’avoir un look génial en jogging et ne rien dégager avec un look très recherché. Ton look il doit donc te correspondre. Pour réussir à te sentir bien dans tes vêtements, je pense que tu dois commencer par trouver ta zone de confort vestimentaire, le noyau de ton style qui va t’accompagner au quotidien.

Voir : Pourquoi tu as besoin d’une zone de confort vestimentaire


Étape 3 : Questionner

Je te le disais plus haut, le problème ce n’est pas ton corps, tes complexes ne se sont pas créés seuls dans ta tête. Tout ça, ça ne vient pas de nulle part.

Il y a sûrement eu des remarques et des expériences qui t’ont profondément blessée. Des régimes que tu t’es sentie obligée de faire pour perdre 5 kilos avant l’été. Des pubs qui ont répété que la cellulite c’était moche. Des images dans les magazines qui t’ont donné le sentiment que le corps parfait était celui des mannequins. Des grandes marques dont les vêtements mal coupés et le manque de diversité dans les tailles ont semblé te dire que quelque chose n’allait pas avec ton corps.

Je pense que pour accepter son corps et faire taire ses complexes, il est important de questionner les normes de beauté et les attentes d’une société dans laquelle la grossophobie et la culture du régime ont une place en or.

Bien sûr, c’est là aussi une déconstruction qui se fait pas à pas. Prends le temps qu’il te faut pour te renseigner, pour réfléchir et pour avancer.

Quelques lectures et podcasts pour bien démarrer :

  • Gros n’est pas un gros mot, le livre de Daria Marx et Eva Perez-Bello sur les discriminations grossophobes.
  • Beauté Fatale, l’essai de Mona Chollet qui décortique le culte de la beauté et le sexisme qui va avec.
  • BCBT, le podcast d’Ariane Grumbach qui défend la diversité des corps et lutte contre la norme de la minceur.
  • On ne nait pas grosse, l’enquête et le témoignage de Gabrielle Deydier sur ce que subissent les personnes grosses.
  • Body Positive Power (en anglais), le livre de Megan Jayne Crabbe qui déconstruit la culture du régime.
  • Mangeuse Libre, le blog d’Aurore Kennis qui t’aide à comprendre ta relation à la nourriture et à faire tomber des pulsions alimentaires.
  • Miroir mioir, le podcast de Jennifer Padjemi et Binge Audio qui déconstruit les standards de beauté et du corps.

Et bien sûr, mon blog, ma Love Letter et mon podcast La Grosse Conversation 😉.


Le coup de pouce de la penderie positive

Ta pensée vestimentaire aussi peut être déconstruite, parce que je suis sûre que tu as plein d’idées accumulées au fil des lectures de magazines, de blogs et de conseils mode qui ne t’aident pas à t’amuser avec tes vêtements.

Et la nouvelle pensée que j’aimerais te voir adopter, c’est qu’il n’y a pas de vêtements interdits. Ton corps ne t’interdit rien, quelle que soit ta morphologie. Tu n’as pas à éviter les rayures si tu es grosse. Tu n’as pas besoin de chercher des vêtements qui vont amincir ou allonger ta silhouette. Tu as le droit de porter des talons si tu es grande et des ballerines si tu es petite.

Voir : Il n’y a pas de vêtements interdits et Pourquoi tu ne devrais pas écouter les conseils morpho


Étape 4 : S’autoriser l’imperfection

Nous sommes toutes victimes de la recherche de la perfection. On s’excuse de ne pas avoir fait un effort vestimentaire pour quelque chose qui n’en demandait pas. On s’excuse d’avoir un bouton ou d’être mal coiffée dans ses stories Instagram, ou du moins on le signale (comme pour s’en excuser…). On pense que pour avoir du style il faut connaitre toutes les tendances et avoir une super garde-robe On a une idée du corps parfait qui, bien sûr, n’est jamais le reflet de son propre corps. On pense qu’on doit toujours être forte, heureuse, de bonne humeur, pleine d’énergie.

Et forcément tout ça, ça ne tient pas la route. Donc on culpabilise de ne pas « réussir », de ne pas être parfaite. Pourtant l’imperfection, c’est un peu la base de l’être humain.

Apprendre à accepter son corps, je pense que ça passe aussi par l’apprentissage de l’imperfection. Te dire, et croire, que la perfection n’existe pas et que justement tes imperfections font aussi ta beauté et ta personnalité.


Le coup de pouce de la penderie positive

T’autoriser l’imperfection, comment ça se reflète dans ta façon de t’habiller ? En te disant déjà que tu vas construire tes propres « règles » (entre guillemets parce que tu n’as pas vraiment besoin de règles, juste de savoir ce qui te ressemble et ce que tu aimes porter), et qu’il n’y a que celles-là qui comptent. Que tes vêtements doivent être adaptés à ta façon d’être et ta façon de vivre, pas le contraire. Que le confort c’est primordial et que ça ne t’empêche pas de bien aimer ton look. Que tu as le droit de ne pas être toujours bien habillée, bien maquillée, bien coiffée.

Le vêtement devrait être au minimum un élément simple du quotidien, au mieux un plaisir et un outil pour s’exprimer. Pas une prise de tête ni une recherche constante de perfection.

Voir : Pourquoi faut-il s’autoriser à ne pas être parfaite ?


Étape 5 : S’affirmer

Dans l’acceptation et l’amour de soi, crois-moi, les pas les plus difficiles ce sont les premiers. Ce qui va te demander du temps et de la bienveillance envers toi-même, c’est de reconnaitre que tu es comme tu es et que c’est bien. Après ça, le bikini c’est fingers in the nose, ou presque. T’autoriser à prendre du temps pour toi et à te traiter correctement, ça peut aussi te demander un effort, et particulièrement si tu as toujours eu l’habitude de te mettre de côté.

N’hésite pas à aller voir un thérapeute ou autre médecin, bref un spécialiste si à ce moment tu as du mal à avancer et à te sentir bien. Les contenus que tu vas trouver sur internet vont t’aider si tu as déjà construit une base solide sur laquelle t’appuyer mais à d’autres moments de ta vie, tu peux avoir besoin d’un peu plus d’aide et ce n’est pas grave.

Les premiers pas sont donc les plus difficiles. Et tu vas voir qu’au bout d’un moment, tu vas passer une barrière. Petit à petit, tu vas t’affirmer.

Tu vas arrêter de suivre des diktats de beauté qui te pèsent. Tu vas oser être toi et avoir le look qui reflète cette personnalité. Tu vas oser et t’autoriser à être bien dans ta peau, sans faire de régime et sans chercher à te cacher.


Le coup de pouce de la penderie positive

Tes vêtements sont un super outil pour t’affirmer. Ton look, c’est un moyen d’expression qui te permet de faire parler ta créativité, ta façon d’être et d’être toi à 100 % !

Et pour ça, n’hésite pas à OSER. Essaye tout ce qui te fait envie, même ce que tu penses ne pas pouvoir porter parce que tu auras sûrement de bonnes surprises (et rigole de ce qui ne te va pas ! Les vêtements qui ne te vont pas ne sont JAMAIS une critique de ton corps). Prends plaisir à découvrir ta personnalité vestimentaire !

Voir : Pratiquons le shopping positif !


ET TOI, QUELLE RELATION AS-TU AVEC TES VÊTEMENTS ? EST-CE QUE TU ARRIVES À VOIR UN PEU PLUS COMMENT ILS POURRAIENT ÊTRE TES ALLIÉS ? TU PEUX TOUT ME RACONTER DANS LES COMMENTAIRES !

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